Quand demander un avis chez un opticien

Partout ailleurs, la vente a une fin évidente. Ici elle en a quatre, réparties sur trois semaines, et trois d’entre elles sont de mauvais moments pour demander quoi que ce soit.

Quand demander un avis quand la vente dure trois semaines ?

Au premier port réussi, pas au retrait. Le jour du retrait, le client n’a encore rien vécu de ce qu’il a acheté : il a une paire dans les mains et aucun recul. Une semaine plus tard, il sait si cela lui convient, et c’est le seul moment où il a quelque chose à raconter.

Chez la plupart des commerces, le moment de la demande ne se discute pas : le client paie, il part, on demande. Ici, la vente n’a pas une fin, elle en a quatre, réparties sur trois semaines.

L’examen, le choix de la monture, le retrait, puis souvent un passage d’ajustement. Trois de ces moments sont mauvais, et le savoir vaut mieux que n’importe quel conseil sur la formulation.

Quatre fins possibles, une seule est la bonne

Les moments d’une vente d’optique et leur valeur pour une demande d’avis
Le momentCe qu’il vaut
Après l’examenTrop tôt, et pas à sa place. Rien n’a encore été acheté, et demander un avis à ce stade mélange un acte technique et une sollicitation commerciale. À éviter.
Après le choix de la montureLe client est content de son choix, ce qui est trompeur : il est content d’un projet, pas d’un résultat. L’avis obtenu parlera du conseil et pas du reste, et il sera démenti si l’adaptation se passe mal.
Au retrait⚠️ Le réflexe le plus répandu, et une erreur. Il tient sa paire dans les mains et ne l’a pas encore portée une journée. L’avis ne peut porter que sur l’accueil, ce qui est la partie la moins différenciante du métier.
Une semaine après le retraitLe bon moment. L’adaptation s’est faite ou non, le client sait enfin ce qu’il a acheté, et il a quelque chose à raconter. C’est aussi le moment où un problème remonte, ce qui est une raison de plus de demander.
Après un ajustement réussiLe meilleur de tous, et le plus négligé. Un client dont on a corrigé une gêne écrit un avis bien plus fort que celui qui n’a rien eu à signaler, parce qu’il raconte un problème ET sa résolution.

Demander une semaine après, sans y penser

CornerStar envoie la demande par courriel à votre nom, à la date que vous choisissez après la visite, et garde la trace de qui a été sollicité pour que personne ne le soit deux fois. Sur un métier où le bon moment tombe une semaine après le passage, c’est précisément le moment qu’on oublie.

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Ce que les clients écrivent

Le produit revient beaucoup moins qu’on ne l’imagine, et pour une raison simple : le client n’a pas les moyens de le juger. Il juge ce qu’il peut juger.

Le prix, presque toujours rapporté à ce qui reste après remboursement plutôt qu’au tarif affiché, et souvent à la surprise de la différence. Le délai, mesuré à l’écart entre la date annoncée et la date réelle, bien plus qu’à sa durée. Et le conseil : le sentiment d’avoir été guidé vers ce qui convenait plutôt que vers ce qui se vendait.

Ce dernier point est le plus discriminant du métier, et le plus fragile : c’est aussi celui qui produit les avis les plus durs quand le client se sent poussé.

⚠️ Ces sujets sont notre appréciation du métier, pas une mesure. Sur votre propre fiche, ils se lisent dans les mots qui reviennent, et ce ne sont pas forcément les mêmes.

Une prudence propre au métier

Ne commentez jamais la vue de quelqu’un dans une réponse publique. Un client peut très bien écrire qu’il voit mal avec ses nouveaux verres ; votre réponse n’a pas à évoquer sa correction, son ordonnance ou son adaptation. Même formulée avec précaution, elle exposerait une information de santé sur une page publique.

La bonne réponse invite à repasser, sans rien qualifier : « Passez nous voir, nous reprenons cela ensemble » suffit et vaut mieux que n’importe quelle explication. La structure d’une réponse, valable partout.

Même prudence quand un avis cite le prénom de la personne qui a reçu le client : on ne reprend pas le nom, même pour défendre.

D’autres métiers, d’autres mécaniques : la fidélité qui fait taire et l’asymétrie d’une réparation réussie.

Questions

Faut-il demander l’avis au moment du retrait ?

Non, et c’est le réflexe le plus répandu. Au retrait, le client tient sa paire mais ne l’a pas encore portée : il n’a rien à dire, et l’avis obtenu ne parle que de l’accueil.

Combien de temps attendre après le retrait ?

Une semaine environ, le temps que l’adaptation se fasse ou non. Trop tôt, l’avis est vide ; trop tard, la visite est oubliée.

Que faire si le client revient pour un ajustement ?

C’est le meilleur moment de tous, à condition que l’ajustement ait réglé le problème. Un client dont on a corrigé une gêne écrit un avis bien plus fort qu’un client qui n’a rien eu à signaler.

Peut-on parler de la vue dans une réponse ?

Non. Un avis peut mentionner une gêne visuelle, la réponse publique n’a pas à la commenter : cela reviendrait à exposer une information de santé, même indirectement.

Les avis d’un opticien parlent-ils des lunettes ?

Moins qu’on ne l’imagine. Le prix, le délai et le conseil reviennent bien davantage que le produit, parce que ce sont les seules choses que le client peut comparer.

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