Le RGPD quand on demande des avis

Dès qu’on note une adresse e-mail pour demander un avis, on traite une donnée personnelle. Cinq obligations en découlent, et aucune ne demande d’avocat.

Vérifié le 26 août 2026. Cette page décrit le droit applicable, elle ne constitue pas un conseil juridique.

Le RGPD s’applique-t-il quand on demande des avis ?

Oui. Constituer une liste de clients pour leur demander un avis est un traitement de données personnelles. Il faut une base légale, informer les personnes au moment de la collecte, permettre de s’opposer à tout moment, ne garder les données que le temps utile, et tenir un registre. Aucune de ces obligations ne demande d’avocat.

Le mot fait peur, et il ne devrait pas. Le RGPD n’interdit pas de demander un avis : il encadre la liste que vous constituez pour le faire.

La bascule se produit à un moment précis, et il est banal : celui où vous notez une adresse e-mail ou un numéro pour recontacter quelqu’un. À partir de là, cinq obligations s’appliquent, et elles tiennent en une demi-journée de mise en place.

Un mot sur ce que cette page ne traite pas : le RGPD encadre les données des personnes que vous sollicitez. Ce que vous avez le droit de demander, et ce qui relève de la pratique trompeuse, dépend d’un autre corps de règles : ce que dit la loi française sur les avis.

Les cinq obligations, dans l’ordre

  1. 1

    Identifier sa base légale

    Une demande d’avis adressée à un client existant, sur ce qu’il vient d’acheter, relève généralement de l’intérêt légitime : vous avez un motif réel, et la personne pouvait raisonnablement s’y attendre. Le consentement explicite reste plus solide si vous sortez de ce cadre, par exemple pour un prospect qui n’a rien acheté.
  2. 2

    Informer au moment de la collecte

    Quand vous notez l’adresse, dites à quoi elle servira. Une phrase suffit : « pour vous envoyer une demande d’avis ». Informer après coup ne rattrape rien, et c’est le manquement le plus fréquent.
  3. 3

    Permettre de s’opposer, simplement

    Un lien de désabonnement dans chaque message, et une opposition qui vaut définitivement. ⚠️ Un signalement en indésirable vaut opposition : réécrire à quelqu’un qui vous a signalé abîme la délivrabilité de tous vos envois suivants.
  4. 4

    Ne garder que le temps utile

    Une adresse conservée pour solliciter un avis n’a plus d’objet quelques mois après la visite. Fixez une durée, écrivez-la, et supprimez. « On ne sait jamais » n’est pas une durée de conservation.
  5. 5

    Tenir un registre

    Quelques lignes : ce que vous collectez, pourquoi, combien de temps, qui y accède, et par quel prestataire cela transite. Ce n’est pas un document à déposer quelque part, c’est un document à pouvoir montrer.

Sous-traitant, et rien d’autre

Votre fichier client ne sert qu’à votre propre collecte : il n’est ni revendu, ni réutilisé, ni croisé. Le lien de désabonnement part dans chaque message, une opposition vaut définitivement, et vos données s’exportent ou se suppriment depuis vos réglages, en une fois. Après résiliation, tout est conservé 30 jours puis supprimé.

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Le partage des responsabilités

Si vous passez par un outil, le partage est fixé par le règlement et il n’est pas négociable : vous êtes responsable de traitement, l’éditeur est sous-traitant. Autrement dit, c’est vous qui décidez ce qui est collecté et pourquoi ; lui exécute.

Trois choses se vérifient avant de confier un fichier : que le contrat prévoie la sous-traitance, que les données restent dans l’Union européenne ou soient encadrées, et que le prestataire n’en fasse rien en dehors de votre service. Elles se posent en même temps que les autres questions du choix : les quatre questions à poser avant de signer.

⚠️ Cette page décrit un cadre, elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel. La CNIL publie des fiches pratiques accessibles, citées en source.

Ce que le RGPD n’interdit pas

Il n’interdit pas de demander un avis à ses clients. Il n’oblige pas à recueillir un consentement écrit pour chacun. Il n’empêche pas de relancer une fois.

Il interdit en revanche de garder des coordonnées sans objet, de solliciter quelqu’un qui s’y est opposé, et de réutiliser un fichier pour autre chose que ce qui a été annoncé.

Pour la façon de formuler la demande elle-même, qui est un autre sujet : quand demander, par quel canal et avec quels mots.

Questions

Faut-il le consentement du client pour lui demander un avis ?

Pas nécessairement : une demande adressée à un client existant, en lien avec ce qu’il a acheté, peut reposer sur l’intérêt légitime. Ce qui reste obligatoire, c’est de l’informer et de lui permettre de s’y opposer.

Combien de temps peut-on garder les coordonnées ?

Le temps utile à la finalité, et pas au-delà. Pour une sollicitation d’avis, cela se compte en mois après la visite, pas en années.

Faut-il un lien de désabonnement ?

Il faut une façon simple de s’opposer, et un lien dans le message est la plus simple. Une personne qui s’oppose ne doit plus jamais être sollicitée.

Le registre est-il obligatoire pour un petit commerce ?

Dans les faits, oui pour ce type de traitement. Ce n’est pas un document compliqué : quelques lignes décrivant ce qu’on collecte, pourquoi, combien de temps et qui y accède.

Et si je passe par un prestataire ?

Il devient sous-traitant, vous restez responsable de traitement. Le contrat doit le prévoir, et le prestataire ne doit rien faire de vos données en dehors de votre service.

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