Un avis Google peut-il être diffamatoire ?
Presque jamais, et c’est la première chose à savoir. La diffamation suppose l’imputation d’un fait précis, pas une mauvaise opinion. Reste que certains avis franchissent la ligne, et qu’il existe alors un délai très court pour agir.
Vérifié le 26 août 2026. Cette page décrit le droit applicable, elle ne constitue pas un conseil juridique.
Un avis Google peut-il être diffamatoire ?
Presque jamais, et il vaut mieux le savoir avant d’appeler un avocat. Un avis qui dit que c’était cher, mauvais, décevant ou mal accueilli est une opinion, et une opinion défavorable est protégée.
La diffamation est autre chose. Elle suppose l’imputation d’un fait précis portant atteinte à l’honneur ou à la considération : un fait que l’on pourrait, en principe, aller vérifier. C’est cette différence-là, et elle seule, qui décide.
De quel côté de la ligne
Une opinion
Protégée, même très dure.
- « Franchement décevant, je ne reviendrai pas. »
- « Beaucoup trop cher pour ce que c’est. »
- « Accueil glacial, on se sent de trop. »
- Rien à vérifier : c’est un jugement de valeur. Le seul recours utile est la réponse publique.
L’imputation d’un fait
Diffamatoire si le fait est faux.
- « Ils m’ont servi un produit périmé. »
- « Ils facturent des prestations qu’ils ne réalisent pas. »
- « Le gérant a été condamné pour escroquerie. »
- Un fait précis, daté, vérifiable. C’est cette catégorie qui bascule, et à condition que le fait soit faux : la vérité est une défense.
Le délai, qui ferme la question plus vite que tout
Trois mois à compter de la mise en ligne. C’est le délai de prescription des infractions de presse, et il s’applique à un avis comme à un article de journal.
C’est le point le plus utile de cette page et le plus rarement mentionné. Un commerçant qui découvre un avis en faisant le ménage de sa fiche au bout de six mois n’a plus cette voie, quel que soit le contenu. À l’inverse, celui qui reçoit une alerte le jour même a tout le temps de réfléchir.
⚠️ Une exception : le délai passe à un an lorsque les propos présentent un caractère raciste ou discriminatoire.
Savoir le jour même, pas six mois après
CornerStar sonde votre fiche chaque jour et vous écrit dès qu’un avis paraît, avec son texte. Sur la plupart des sujets, l’intérêt est de répondre vite. Sur celui-ci, c’est de ne pas laisser courir un délai qu’on ne peut pas rouvrir.
Voir ce que fait CornerStar ›Ce qu’il faut faire, dans l’ordre
Capturez l’avis. Une capture d’écran datée, avec l’adresse de la page. Un avis peut disparaître, et avec lui la preuve de ce qu’il disait.
Signalez d’abord à la plateforme. C’est gratuit, c’est rapide, et cela ne consomme aucun délai. Les règles de Google interdisent déjà une partie de ce que la loi vise. Ce que Google retire de lui-même, et comment signaler.
Répondez, sans qualifier juridiquement. Écrire « ces propos sont diffamatoires » dans une réponse publique produit exactement l’effet inverse de celui recherché : le lecteur y voit une menace, pas une explication. Rétablir un fait sans transformer sa fiche en tribunal.
Et seulement ensuite, l’avocat, si le fait imputé est précis, faux, et qu’il vous coûte quelque chose de mesurable. Pour tout le reste, la procédure coûtera plus cher que l’avis.
Ce que la diffamation n’est pas
Ce n’est pas l’injure. Une expression outrageante qui n’impute aucun fait relève d’une autre qualification, dans le même texte. La distinction compte, parce qu’une plainte mal qualifiée est irrecevable.
Ce n’est pas le dénigrement. Quand les propos visent vos produits plutôt que votre honneur, et qu’ils viennent d’un concurrent, on est sur un autre terrain, celui de la concurrence déloyale.
Et ce n’est pas non plus un avis qui vous paraît inventé. Un avis mensonger n’est pas nécessairement diffamatoire : encore faut-il qu’il impute un fait précis. Un avis de quelqu’un qui n’est jamais venu se traite autrement, et se traite d’abord.
⚠️ Cette page décrit un cadre à la date indiquée en tête. Elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel, et le droit de la presse est l’un des plus techniques qui soient.
Questions
Une mauvaise note est-elle une diffamation ?
Non. Une note et une appréciation défavorable relèvent de la liberté d’expression. La diffamation suppose qu’un fait précis soit imputé, et qu’il porte atteinte à l’honneur ou à la considération.
Combien de temps ai-je pour agir ?
Trois mois à compter de la mise en ligne, et c’est le point que presque personne ne mentionne. Passé ce délai, la voie de la diffamation est fermée, quel que soit le contenu de l’avis.
Que risque l’auteur d’un avis diffamatoire ?
La diffamation publique envers un particulier est punie de 12 000 € d’amende. Le montant est un plafond, et une condamnation reste rare pour un avis en ligne.
Une entreprise peut-elle être diffamée ?
Oui, une personne morale de droit privé est protégée au même titre. Une critique du service reste toutefois une opinion tant qu’aucun fait précis n’est imputé.
Faut-il porter plainte ou signaler à Google ?
Les deux voies sont indépendantes, et la seconde est presque toujours la bonne première étape : elle est gratuite, rapide, et ne consomme aucun délai.
Une autre question ? contact@cornerstar.app
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